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Accueil général ; La chronologie; L'espace; La scolarité; La cantine; La vie à l'Internat; La mixité; Langue marquisienne |
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La cantine à Ste Anne |
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Savoir ce qui se trouvait dans les assiettes de nos grands-mères et découvrir comment fonctionnait la cantine voilà le sujet de notre recherche. Madame Roméa Lam-Keu nous a raconté que les gens du village et de l’île voisine c’est-à-dire Tahuata, apportaient quand cela était possible des dons pour les pensionnaires ; c’était leur manière d’aider l’internat car à l’époque tous les frais de pensionnat étaient à la charge de Monseigneur Le Cadre. Alors quand la pêche ou la chasse était très bonne les parents avaient toujours une pensée pour leurs enfants.
A la cantine les filles de l’internat mangeaient du riz, du mei (fruit à pain), du manioc et des bananes parce que la salade, les tomates et les concombres étaient rares. Pour le petit déjeuner, elles avaient du lait grâce aux vaches qui vivaient paisiblement sur le terrain où sont construits les deux bâtiments de notre collège. Au mois de mai, elles se rendaient sur la propriété de Mr. Emile Rauzy et avec son autorisation, cueillaient leur café. Madame Roméa a précisé que les filles aimaient ce qu’elles mangeaient et que surtout elles se contentaient de ce qu’elles avaient. « Le
ravitaillement était difficile. Il n’y avait au village qu’un seul
magasin, tenu par Mr. Tissot. Nous lui achetions le riz, la farine »nous
précise Victoire, une ancienne élève. Elle ajoute :
« Le boeuf était vendu en sacs par les familles. Après avoir été
frottées de citron pour éloigner les mouches, les longues guirlandes de
viande étaient séchées au soleil. Les fruits venaient régulièrement
de Taaoa, et quelquefois des chasseurs tuaient des animaux sur le plateau
de Hiva Oa, nous procurant ainsi de la viande fraîche. Dans l'enceinte de
l'école se trouvait un potager tenu à ses débuts par soeur
Saint-Parfait. Quelques poules sauvages constituaient notre modeste
poulailler. Les poules étaient nourries de noix de coco au coin de
l'ancien bâtiment des classes. Nous avions aussi un cochon qui mangeait
les restes [...] pour être tué à la fin de l'année. A
l’époque, la cantine n’était pas équipée. Les pensionnaires
n’avaient pas de couteaux pour manger, ni de chaises pour s'asseoir,
mais des bancs. Les internes lavaient les grosses marmites avec de la
bourre de coco et des cendres parce qu’il n’y avait pas d’éponge ni
de produit vaisselle comme aujourd’hui. La cendre permettait de faire
briller les marmites. « Les anciens du cours ménager se
souviennent des cinq marmites (trois pour le riz et deux pour la viande) » Grâce
au document de Madame Lamaison nous savons qu’une « grande
élève assurait les travaux de cuisine pendant un mois. Les filles de
quatorze ans se relayaient à cette difficile fonction. Le mois écoulé,
elle recevait en récompense une robe neuve. La cuisine d'alors était un
local situé à l'extérieur, protégé de la pluie par quelques tôles.
La cuisson des aliments se faisait au feu de bois. À une époque, nous eûmes
au menu du requin ! Mgr Tirilly avait ramené de Bretagne, dans ses
bagages, un magnifique filet de pêche. Il espérait pêcher des
langoustes dans la baie de Tahauku. Mais ce furent les requins qui se
prirent dans les mailles ! Une fois même, un requin-marteau femelle
accoucha de son petit dans la cour de l'école sous l'oeil médusé des élèves
! Cette période fut brève, les requins vinrent très rapidement à bout
des filets. »
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