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Madame
Roméa Lam-Keu a apporté des réponses à toutes les questions que nous
avions en tête. Elle nous a appris qu’il y avait 76 filles dans un seul
dortoir. Normalement chacune d’elle possédait une natte et une taie
d’oreiller mais ce n’était pas toujours le cas; alors elles faisaient
preuve de solidarité entre elles et offraient une place sur leurs nattes
à celles qui n’en avait pas. Elle nous a précisé que les internes étaient
encadrées par des religieuses qu’elles respectaient et considéraient
comme leur parent. En effet, il faut savoir que les contacts entre les
enfants et leur famille durant la période scolaire étaient rares car il
n’y avait pas de cabine téléphonique et les bateaux étaient peu fréquents.
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Dortoir |
Dortoir
des filles à l’époque |
Notre
rencontre avec sœur Geneviève nous renseigna sur l’emploi du temps des
pensionnaires. Tous les matins, les filles se réveillaient à 6h00 et les
cours commençaient à 8h00. A midi, elles mangeaient à la cantine. Tous
les jours, à 12h30 les filles faisaient de la couture. Elles reprenaient
les cours à 14h00. A 15h00, c’était l’heure du goûter. A15h 30
elles se baignaient dans un grand bassin aux rebords assez large pour
laver leur linge avec de la bourre de coco qui servait de brosse à linge.
Les filles possédaient leur propre clou pour suspendre leur vêtement.
Puis à 16h00, toutes les pensionnaires étaient en étude. A 19h00, elles
allaient se coucher.
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Photo de groupe très originale |
les filles faisaient de la couture... |
Tous
les samedis, les internes
cherchaient du bois à Make Make pour la cuisine. Elles en profitaient pour cueillir les fruits
qu’elles trouvaient en cours de route .Nous avons retrouvé les
souvenirs d’une ancienne élève de Taaoa, Annick: « Tous
les samedis, nous restions en pension à faire l’entretien de la cour ou
du grand ménage, ou bien faire les balais, chercher du bois. Souvent,
nous faisions le grand lavage de nos vêtements et
de nos couvertures. Le travail était partagé en groupes. Le
dimanche, il y avait une messe puis l’après-midi, nous allions à la
plage d’Atuona ou à Tahauku nous baigner ou pêcher. »
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corvée de bois |
régimes de bananes |
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Dimanche à la plage... |
Cet
autre passage relevé dans « L’école des sœurs d’Atuona 107
ans d’histoire » nous apporte d’autres précisions sur les tâches
que devaient accomplir les internes.
« Les élèves, réparties en équipes, participaient très
activement aux différentes tâches ménagères. L'école était, outre le
lieu de leurs études, le difficile apprentissage de la vie en communauté
et le peu de moyens financiers mis à la disposition des sœurs obligeait
les élèves à entretenir elles-mêmes leur école. Une ancienne de
Taiohae résume bien les occupations utilitaires des élèves : «nettoyage
de la porcherie, du poulailler,
jardin, toilettes, vestiaire, nettoyage de la cour, des caniveaux, débroussage,
transports de gravier, sable et cailloux. »
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Voici l'emploi du temps des Internes relevé par
Mme Lamaison. |
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5h30
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Réveil
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12h-13h
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Récréation
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6h
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Messe
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13h-14h
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Couture
(chaque classe avec sa maîtresse et deux aides du cours ménager)
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6h30
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Petit
déjeuner
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14h-16h
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Classe
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7h-7h30
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Petits
travaux de nettoyage
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16h-17h
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Travaux
par équipe ; nettoyage de la cour ; poulailler et cochons ;
nourriture des chèvres ; bois sec pour la cuisine.
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8h-11h
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Classe
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17h
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Douche
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11
h
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Petits
travaux
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18h-18h30
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Repas
du soir
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11h30-12h
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Repas
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18h30-19h30
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Récréation
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19h30
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Coucher
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Voici
enfin un document inédit, écrit en 1934 par un voyageur de passage à
Atuona sur le voilier Korrigane et qui montre que l'Internat n'a pas
toujours été facile pour les Internes comme pour les Soeurs.
"Un
médecin militaire veille à la santé des indigènes, un évêque dirige
les missionnaires, des soeurs s'occupent de l'éducation des jeunes
filles. Leur internat est pourvu de tout le confort, il y a même une
piscine. Mais nous remarquons que les fenêtres des dortoirs sont ornées
de solides barreaux de fer, car les mauvais garçons de la ville venaient
jouer aux fantômes pour effrayer les pensionnaires. Quant à celles-ci,
elles ne se gênaient pas pour faire le mur... Les fenêtres ont été
grillagées et la limite d'âge des internes ramenée de dix-huit à
quatorze ans. Depuis, le calme est revenu.
"
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