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La langue marquisienne à Ste Anne |
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Pourquoi nous sommes nous
penchées sur ce sujet ?
Aujourd’hui la langue marquisienne est enseignée en classe de sixième
et cinquième, c’est une matière comme les autres ; qu’en était-il
à l’époque ?
Peut-être que certains d’entre vous connaissent déjà la réponse ?
Pour ceux qui n’auraient aucune idée sur la question nous avons découvert
qu’il était interdit de parler marquisien à l’école. Cela nous a
intrigué. Nous avons donc effectué un retour dans le passé et recueilli
deux points de vue différents et donc intéressants sur cette
interdiction.
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Le premier point de vue
était celui d’une ancienne élève, madame Roméa Lam-keu, qui était élève
à Ste Anne dans les années 30 et 40, et qui en garde
un mauvais souvenir puisqu’elle se souvient du fameux coquillage
qu’elle recevait, quand elles avaient parlé en marquisien. Il était
petit et les élèves le cachaient pour essayer de s’en débarrasser en
trouvant une autre victime. Celle qui le portait à la fin de la journée
était punie par les sœurs. Elle était de corvée de jardinage et de
nettoyage. |
Le second point de vue était celui d’une
religieuse, sœur Geneviève. Elle nous a donné les raisons de cette
interdiction. En effet, à l’époque les enfants étaient scolarisés à
l’âge de six ans et la plupart ne parlaient pas français. Alors pour
apprendre rapidement cette langue, il fallait la pratiquer aussi souvent
que possible sans la mêler à la langue marquisienne. Année après année,
les élèves progressaient. Voilà pourquoi les religieuses avaient décidé
d’appliquer cette interdiction. Sœur Geneviève nous a dévoilé sa
recette miracle qui a incité plus d’une interne à ne plus mêler les
deux langues. Elle nous a appris que tous les samedis se tenait une séance
de cinéma. Les films étaient fournis gentiment par les bateaux
militaires de passage. Les
filles qui avaient parlé en marquisien pendant la semaine, ne pouvaient
voir les films car Sœur leur expliquait qu’elles n’allaient pas les
comprendre, alors elles restaient dans la cabine avec une surveillante.
Ce fut un moyen radical et efficace de leur faire comprendre
l’importance de parler uniquement la langue française. |

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Ceci dit, les enfants avaient tout à fait
le droit d’écrire à leur parent dans leur langue maternelle et un
dimanche sur deux, la messe était entièrement dite et animée en
marquisien. Les élèves ont même écrit un chant marquisien pour le
centenaire de l’arrivée des sœurs à Atuona.
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VOICI
CE CHANT MARQUISIEN RACONTANT L’HISTOIRE
DE LA
VENUE
DES
SŒURS AUX
MARQUISES. (il date de 1964)
(Version en Marquisien: cliquez sur l'image pour l'agrandir et pouvoir lire) |
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Traduction du chant marquisien pour le centenaire 1864-1964
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1843
I1 y a bien longtemps
L'Amiral du Petit-Thouars demandait
Des sœurs pour s'occuper
des petites marquisiennes.
Quatre soeurs voyagèrent six mois
Pour venir aux Marquises.
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Refrain
Souffle, souffle vent,
Ne te fâche pas, océan,
Hâte-toi, navire
Les marquisiens attendent tes passagers,
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II
Le Commandant de la Chartre
Ne peut laisser débarquer les Sœurs
Et les abandonner sans secours
Entre les mains des Marquisiens bien méchants alors ,
Il les emmène à Papeete
Où elles vont soigner les malades.
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Refrain
Oui elles reviendront
Ce n'est qu'un au revoir
Elles vont à Tahiti
Attendre un temps plus propice.
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III
1847:
trois ans après, deux soeurs
revinrent et ouvrirent
Une école à Vaitahu
Elles ne restèrent
Que quinze mois environ
et quittèrent encore les Marquises
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Refrain
Oui elles reviendront
Ce n'est qu'un au revoir
Elles vont à Tahiti
Attendre un temps plus propice |
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IV
1864 : Le quatre
mars quatre sœurs
demandées par le Gouverneur
débarquent à Taiohae
et ouvrent une école.
Mgr Dordillon les accueille
La reine Vaekehu les adopte.
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Refrain
Apprenez la loi de Dieu
Petites filles de Nuku-Hiva
Préparez vous à devenir
de bonnes Marquisiennes
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V
Le jour de Noël
Quatre soeurs venant de France
Débarquaient à Atuona
Et comme leurs soeurs de Taiohae
s'occupèrent des petites filles |
Refrain
Apprenez la loi de Dieu
Petites filles d'Hiva Oa
Préparez vous à devenir
de bonnes Marquisiennes.
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VI
Les ennemis de Dieu triomphent
Les écoles chrétiennes sont fermées.
Le soeurs restent fidèles aux Marquises
Et aux enfants qui leur font confiance |
Refrain
Prenez patience, chères
enfants
L'orage ne dure pas toujours;
Après lui revient le beau temps |
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1923: VII
Les
filles courent la brousse:
beaucoup de morts - plus de naissances,
La race disparaît - Le Gouvernement s’alarme
et demande aux soeurs de l'aider à réparer le mal
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Refrain
Vite, vite, réparons le
mal,
Rouvrons une école
Les soeurs sont encore là
Donnons leur les filles.
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VIII
Le travail est dur
Mais comme une graine cachée dans la terre,
tout doucement le bien germe et se développe,
La race est sauvée. |
Refrain
Chaque jour, recommencez à
semer,
la bonne graine. Ne soyez jamais fatiguées.
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1964:
IX
Des soeurs sont mortes dans le pays,
D'autres sont parties,
D'autres sont venues les remplacer.
L'oeuvre continue sans arrêt depuis cent ans
Dans ce lointain pays, en plein océan.
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Refrain
Voilà l'histoire
De cent ans de travail chez nous.
Avec les sœurs
Rendons grâce à Dieu
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