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Quel
mot bizarre ! La mixité, qu’est-ce que cela peut bien être ?
Eh ! bien c’est tout simplement
le fait d’avoir des filles et des garçons dans une école ou une même
classe.
Nous nous sommes demandés si
l’école Sainte-Anne était mixte et si c'était le cas quelles
relations pouvait-il y avoir
entre les élèves ? Pour satisfaire
notre curiosité nous avons interrogé Madame Romea Lam-keu
qui était élève en 1930.
Elle
nous raconta que dans les années 30, les filles étaient séparées des
garçons par un mur, donc les classes n’étaient pas mixtes comme
aujourd’hui. L’école n’avait que deux classes de filles et une
classe de garçon. Certaines années, les classes de garçons
n’existaient pas, elles étaient fermées pour diverses raisons. En
1936, par exemple, l’école publique ouvrit ses portes et accueillit
tous les garçons de l’île.
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| Voici de vieilles photos montrant des garçons et des
filles mélangés. |
Le
texte ci-dessous est une interview en 90 de M. Guy Rauzy, maire de la commune de Hiva Oa
par
Madame Lamaison-Noguès et ses élèves. Ce texte est intéressant, car M.
Rauzy était alors le seul garçon de l’école. « J'ai été élève de l'école des soeurs pendant quatre ans, de
1938 à 1942. J'étais à cette époque le seul garçon. Il n'y avait pas
de cantine à l'école publique. Mère Lydia nous apprenait la lecture et
mère Stanislas l'écriture. J'ai obtenu mon certificat, puis suis allé
à Tahiti où j'ai obtenu mon brevet. J'ai poursuivi mes études en
France, au Lycée Stanislas de Nice. J'y ai passé avec succès mon
baccalauréat.
À l'école des soeurs, l'ambiance était très sympathique. J'étais
quand même un peu perdu au milieu de toutes ces filles ! Je mangeais tout
seul, sous un grand arbre à uru où on m'apportait mon repas. …
Je me rendais à pied au village, .En ce temps là, nous n'avions ni l'électricité,
ni l'eau courante. Nous allions à la rivière. .. Nous nous éclairions
à la lampe à pétrole. »
En
ce qui concerne les relations entre filles et garçons, elles pouvaient être
bonnes. Les garçons protégeaient leurs amies et partageaient avec elles
leur goûter Cependant elles pouvaient aussi être mauvaises. Des bagarres
se déclenchaient et des cheveux étaient tirés, des coups de poings étaient
donnés et des coups de pieds finissaient aux fesses.
Quant
à la tenue vestimentaire, les filles s’habillaient de robes à manches
qui dépassaient les genoux, c’était le règlement. Aujourd’hui, nous
avons de la chance car nous sommes libres de porter ce que nous voulons.
En
conclusion, nous pouvons dire que les relations entre filles et garçons
étaient pareilles à celles d’aujourd’hui. Quant à la mixité, elle
n’est apparue qu’au collège, dans une classe de sixième, en 1976.
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