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Soeur Rose, arrivée il y a 61 ans à Atuona, est partie à Tahiti le 12 Juillet 2008
Sœur Rose de
Nazareth, appelée aussi Soeur Geneviève, (Geneviève Chochois de son nom de jeune fille), doyenne de la
communauté d’Atuona (îles Marquises), a reçu l'ordre de rejoindre l’île de
Tahiti.
Sœur Rose de Nazareth a quitté La France en 1947, à l’âge de 22 ans. Elle venait
de vivre la fin de la guerre comme brancardière sous les bombes à
Boulogne-sur-Mer. Elle s’engageait dans un périple de 42 jours sur le
Sagittaire, second navire à rejoindre Tahiti depuis la fin de la Seconde Guerre
Mondiale. À bord, se trouvait également le Bataillon du Pacifique qui regagnait
les îles océaniennes. Sœur Rose de Nazareth navigua encore cinq jours à la voile
et au moteur depuis Tahiti avant de fouler le sable de la plage d’Atuona.
Elle est aujourd’hui la dernière « missionnaire » de la communauté d’Atuona, de
celles dont la mission d’éducation s’entrecroisait avec une autre mission, plus
salutaire, celle de sauvegarder le peuple marquisien. En effet, «
l’internat-préventorium » de jeunes filles, ouvert en 1923, avait pour vocation
de protéger les jeunes Marquisiennes, alors en sous effectifs par rapport aux
hommes et donc en proie aux mariages précoces, aux viols et à la prostitution…
Cela fait 51 ans que Sœur Rose de Nazareth s’occupe de l’internat et des jeunes
pensionnaires marquisiennes avec dévouement et dynamisme. Directrice,
enseignante, surveillante, elle n’a jamais failli à l’humilité d’une foi
profonde. Des générations de jeunes Marquisiennes se sont succédées qui forgent
aujourd’hui le visage de l’archipel. Sœur Rose de Nazareth a très largement
contribué à conduire cette jeunesse à une réussite et une reconnaissance
sociales. Combien d’adolescentes a-t-elle accompagné dans la préparation de leur
communion et de leur confirmation ? Combien de souvenirs lui sont liés ?...
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Voici un portrait de Soeur Rose, paru dans Te fenua
enata, la terre des hommes. Chroniques des Iles Marquises, de Patrick
Chastel, aux éditions Au vent des îles, Tahiti, 2003 |
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PORTRAIT Sœur Rose
S’il est une sœur connue dans toutes les vallées des îles Marquises, c’est bien sœur Rose. En décembre 1946, cette toute jeune sœur, alors âgée de 21 ans, quitte le port de Marseille sur le deuxième bateau à appareiller après la guerre en direction de Tahiti. Ce navire, le « Sagittaire », emporte également avec lui les 220 rescapés des glorieux 300 volontaires du Bataillon du Pacifique.
Quarante-deux jours plus tard, la silhouette bien caractéristique de l’île de Tahiti se dessine à l’horizon. Sur le quai, à Papeete, c’est la folie, c’est la fête, toute la population est là pour fêter le retour des héros. Sœur Rose va rejoindre sa communauté, celle de Saint Joseph de Cluny. Cette congrégation, fondée par Anne-Marie Javouhey, mène une action éducatrice en Polynésie depuis 1843, date de l’arrivée des quatre premières sœurs sur l’île de Tahuata aux Marquises. C’est en 1885 que sera ouverte l’école Sainte Anne qui continue à l’heure actuelle d’accueillir des enfants des six îles de l’archipel grâce à son internat.
Un mois après son arrivée, Sœur Rose va embarquer de nouveau, mais cette fois sur la goélette « Vaitere » avec seulement deux autres passagers à destination de l’archipel des Marquises. Le voyage sera long, les voiles devant épauler le gros moteur assez poussif. C’est enfin le débarquement sur la plage de Atuona, village principal de Hiva Oa, où elle rejoint les cinq autres sœurs de la communauté.
En février 1947, Sœur Rose, âgée de 22 ans, prend la direction de l’école Sainte Anne qui ne compte que trois classes dont une de garçons. Par contre, l’internat fait déjà le plein avec 78 pensionnaires, des filles originaires de toutes les îles de l’archipel.
Pendant 32 ans, de 1947 à 1979, sœur Rose gardera la tête de l’école puis du collège Sainte Anne qu’elle verra grandir et se développer avec l’ouverture progressive de nouvelles classes jusqu’à celles de Troisième. Pendant ces longues années, elle aura l’occasion de parcourir les îles et les vallées, en particulier à chaque début et fin d’année scolaire pour récupérer ou rapatrier les élèves, ce qui à chaque fois sera l’occasion de rencontres et de retrouvailles avec les anciennes.
Puis, Sœur Rose va rentrer deux années en Métropole pour revenir sur le Territoire en 1981 et prendre l’année suivante la direction du primaire, du secondaire et de l’internat du collège Anne-Marie Javouhey de Uturoa à Raiatea où elle assumera, en outre, les responsabilités de Supérieure de la communauté.
Ce séjour dans l’île sacrée durera neuf ans jusqu’à ce que sonne l’âge de la retraite. Et cette retraite, Sœur Rose, devenue Sœur Geneviève puisqu’elle a choisi de reprendre son prénom de naissance, ne pouvait l’envisager ailleurs qu’au « fenua enata », dans son école Sainte Anne. Aussi, après onze ans d’absence, elle est revenue dans cet établissement qu’elle dirigea pendant plus de trois décennies. Heureuse de retrouver ce qu’elle appelle, le pays de sa jeunesse.
Evidemment, retraite pour une Soeur ne veut pas dire inactivité et dès son retour, elle a pris en charge les études des pensionnaires de Cinquième et de Quatrième ainsi que des cours de catéchèse.
Patrick CHASTEL |
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A bientôt, Soeur Rose, A Pae
Conception WEB et photos: EGO
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