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TECHNOLOGIE AU COLLEGE SAINTE ANNE

bouton en cocotier de Ste Anne, Hiva Oa

Les boutons en noix de coco

bouton en cocotier de Ste Anne, Hiva Oa

Le programme de technologie en classe de troisième permet à l’élève d’appréhender la démarche de projet dans son ensemble. Cette démarche a déjà été abordée depuis la classe de sixième dans diverses productions technologiques mais ce n’est qu’en classe de troisième qu’elle devient globale. L’élève acquiert ainsi des compétences dans chacune des étapes de la démarche de projet, allant de l’analyse du besoin jusqu’au recyclage en passant entre autre par la conception, la production, et la commercialisation.

Dessin de Catherine Chavaillon

Pourquoi des boutons ?

L’idée de base était de produire quelque chose de local, de spécifique aux îles Marquises. Un produit qui garderait un sens aux yeux des élèves tout au long de la démarche de projet.
Les diodes, les résistors et les buzzers sont trop souvent assimilés par les élèves marquisiens à un monde extérieur abstrait, ludique et finalement peu approprié au contexte local.
La simplicité du bouton en fait un objet entièrement réalisable sur place sans importer de matière première.
Le bouton s’est donc imposé comme objet à la fois utilitaire et décoratif avec l’idée de toucher la clientèle locale et aussi touristique

cocotier à Hiva Oa

Pourquoi la noix de coco ?

Tout d’abord parce que c’est un produit local abondant et que la coque reste inexploitée. C’est donc une matière première gratuite.
De plus c’est une matière noble, naturelle, solide et très exotique à l’exportation.
Il ne faut pas oublier que pour les habitants des régions froides ou tempérées, le cocotier est le principal symbole de l’exotisme tropical.
Porter un vêtement avec des boutons en noix de coco prend une valeur symbolique en même temps qu’esthétique lorsqu’on vit en métropole.

cocotier à Hiva Oa

Une démarche pédagogique :

L’élève est ici confronté à une organisation de production qui passe par la planification du travail, le travail de groupe et l’interdisciplinarité (le motif décoratif de l’emballage est, par exemple, réalisé à l’ordinateur en collaboration avec le cours d’arts plastiques).
Le bouton devient un objet technique qui induit une organisation économique permettant de gagner de l’argent. (La Boutonnerie Suresnoise près de Paris fait un chiffre d’affaires annuel de plus de 10 millions d’euros).
L’élève doit  inventer, créer et innover. La technologie devient alors un système créatif utile et non plus un mal nécessaire.
L’élève ne se contente plus d’attendre l’éducation qu’on lui donne mais il devient acteur, ce qui est nécessaire en classe de 3ème où il doit choisir sa voie et construire le véritable projet d’orientation de sa future vie d’adulte.
La fabrication d’un bouton nécessite la mise en application de lois scientifiques. Cela développe chez l’élève l’idée que le savoir n’est pas suffisant mais qu’il faut accéder au savoir-travailler  par l’acquisition des savoir-faire.


Le bouton induit enfin une évolution historique qui est peut-être la plus passionnante de ce projet puisqu’elle débouche sur l’histoire du vêtement à travers les âges jusqu’à la Haute Couture en passant par les us et coutumes de chaque époque.
  

diagramme d'identification des fonctions de service

Jennyfer, défilé de mode 2003 à Hiva Oa

 

L’ASPECT TECHNIQUE : Les principales étapes de la fabrication :

1-  Les noix de coco sont débitées en pions à la scie-cloche sur une perceuse à colonne. 2- Le pion est positionné et bridé dans un montage pour le perçage des 4 trous centraux sur une mini perceuse. 3- Le pion est centré et serré dans le mandrin d’un tour pour être tourné au diamètre final.

1- Les noix de coco sont débitées en pions à la scie-cloche sur une perceuse à colonne

2- Le pion est positionné et bridé dans un montage pour le perçage des 4 trous centraux sur une mini perceuse.

3- Le pion est centré et serré dans le mandrin d’un tour pour être tourné au diamètre final.

4- Le pion est maintenu par les trous centraux pour être poncé sur la face côté vêtement (la face apparente reste brute) sur un bloc abrasif.   5- Les boutons sont conditionnés par 8 sur des cartons décoratifs et pelliplaqués à la thermoformeuse.

4- Le pion est maintenu par les trous centraux pour être poncé sur la face côté vêtement (la face apparente reste brute) sur un bloc abrasif.

5- Les boutons sont conditionnés par 8 sur des cartons décoratifs et pelliplaqués à la thermoformeuse.

 

 plaquette bouton coco des Marquises

Conclusion :

Le résultat est un pack de 8 boutons pouvant être vendu pour la fonction de boutonnage mais aussi comme souvenir des îles Marquises au prix de 500Fcp c'est-à-dire environ 4 euros.
La vente de ces boutons dans le cadre de la coopérative du collège par les élèves eux-mêmes permet de finaliser le projet dans son intégralité et de donner un véritable sens à leur travail.
Il est même permis d’imaginer la création d’une petite entreprise locale qui produirait des boutons en noix de coco. Le marché existe puisque la société métropolitaine Phildar, après avoir examiné les boutons du collège Ste Anne, s’est déclarée prête à passer commande.  Le seul problème est que ces commandes seraient en grande quantité et il est bien évident que le collège Ste Anne n’est pas plus une usine que ses élèves ne sont des ouvriers salariés.

Alors la place est libre pour un futur créateur d’entreprise !

 Philippe LEMAIRE          

plaquette bouton coco des Marquises

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