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7000 Km à la rame: interview de Maud Fontenoy
Pourquoi avez-vous entrepris cette
traversée ? (Claudia)
Lorsqu’on a un rêve, on fait tout pour le réaliser et c’est ce que j’ai
fait.
La traversée du Pacifique a-t-elle été plus difficile que celle de
l’Atlantique ? (Vanessa)
Lors de ma traversée de l’Atlantique, il faisait très très froid et je
rencontrais des icebergs. Pour le Pacifique, c’était le contraire. Il
faisait très très chaud ! Il faisait 45° dans ma petite cabine et
lorsque j’étais à l’extérieur, le soleil brûlait. Donc je ramais la
nuit, le matin et le soir.
Qu’est-ce qui fait que vous n’avez pas peur de la mer ? (Angélica)
En fait, j’ai peur de la mer. Mais j’ai vécu sur un bateau quand j’étais
toute petite, avec ma famille, et c’est ce qui me donne l’amour de
l’océan. Et puis, quand on a peur de quelque chose, il faut aller à sa
rencontre pour essayer de comprendre pourquoi on a peur. On se rassure
et, en comprenant, on a moins peur. C’est ce que j’ai fait avec l’océan.
Quelles émotions avez-vous ressenti au beau milieu de l’océan ? (Robert)
Tous les jours quand je regarde la carte, je vois la distance à
parcourir, je sais que je suis là en plein milieu, que je ne croiserai
personne, que les secours sont très loin. L’océan est immense, il y a
environ 5000 mètres de profondeur en dessous. Le bateau est tout petit
mais on a un sentiment de liberté ; on se sent libre et fière.
De quoi avez-vous le plus souffert ? (Kenny)
La plus grande difficulté pour moi a été de me retrouver toute seule au
milieu de l’immense océan. On a envie d’être avec quelqu’un pour lui
montrer, pour tout partager. Vraiment, le pire, c’était d’être seule.
Quelle a été votre plus grande peur durant la traversée ? (Claudia)
Ma plus grande frayeur a été au moment où mon bateau s’est retourné. Il
a chaviré alors que les capots (petites fenêtres) étaient ouverts et
donc l’eau est entrée. Je me suis retrouvée enfermée à l’intérieur du
bateau comme si j’étais dans un bocal en train de me noyer. Par chance,
le bateau a pu se remettre d’aplomb grâce aux coffres d’eau. J’ai eu
très peur, c’était une grosse frayeur.
Lorsque votre bateau chavirait, aviez-vous envie d’abandonner ?
(Constantino)
Non. Je me sentais fière de pouvoir mener mon projet à terme, c’était
mon rêve. Le bonheur pour moi c’était d’être là où j’avais décidé que
j’arriverai. J’avais pensé à cette traversée beaucoup de fois;
l’océan et soi, on fait corps, on vit en fait de l’océan et on
s’habitue. C’était vraiment extraordinaire.
Avez-vous rencontré des animaux marins ? (Kurt)
Oui, c’était impressionnant ! Les baleines plongeaient sous le bateau et
on se sent toute petite face à ces monstres marins à qui l’océan
appartient, on ne veut déranger personne. J’ai vu aussi beaucoup de
requins. À un moment donné, j’ai du descendre sous l’eau pour nettoyer
la coque de mon bateau parce qu’il était ralenti par les algues et là
j’ai eu très peur. J’ai rencontré des otaries. Une d’entre elles est
tombée amoureuse de mon Océor et m’a suivie pendant la traversée ; je
l’ai appelée Pétula. La veille de mon arrivée, elle est repartie.
Avez-vous apprécié les repas lyophilisés ? (Manea)
Pas du tout ! C’est de la nourriture en poudre dans des petits sachets
en aluminium avec la photo du repas collée dessus. Je la mélangeais avec
de l’eau chaude. Dernièrement, c’était du couscous !
Qu’avez-vous ressentie à la vue de Hiva-Oa ? (Stevina)
J’ai vu la terre toute proche, Hiva-Oa est sortie de l’océan tout
doucement. J’ai ramé toute la nuit pour me rapprocher, il y avait la
pleine lune. C’était vraiment magique, je n’y croyais pas. On voit les
oiseaux, on sent les premières odeurs, on sent qu’on va bientôt
approcher du but.
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