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Te Hamani Hou—n°54—octobre 2007                                                                             Le PAE à Taaoa

Zone de Texte: Un hao’e nommé « Bruce Lee » à Taaoa

THH : As-tu un message à faire passer aux jeunes collégiens ?

BL : Oui. Apprendre votre langue, ne pas renier votre culture. N’ayez pas honte de parler la langue marquisienne.

Merci Patrick et à bientôt !

Bonne retraite à Taaoa !

PAHUIRI Aline, TIMAU Méléana ,5B/5C

 

BL : Quand je suis arrivé ici, il n’y avait pas la télé, pas de vidéo. Mais les gens se regroupaient à chaque arrivée du Taporo pour une séance de projection de films. En ce temps-là, c’était la mode des films de combats avec le célèbre Bruce Lee : maigre, agile et fort. Un jour, deux hommes ont tenté de soulever un gros pneu, en vain. Je suis arrivé et j’ai pu le soulever. C’est ainsi qu’on m’a appelé Bruce Lee.. Mon vrai nom est Patrick TRIPAULT. …..

THH : Bonjour Bruce Lee ! Simple curiosité : serais-tu un cousin du célèbre champion de karaté ?

BL : Non, aucune parenté ! Ma famille est française et vit en France depuis 1243.

THH : Pourquoi ce surnom ? Et quel est donc ton vrai nom ?

THH : Peux-tu te présenter plus amplement aux élèves de Sainte Anne ? (même si beaucoup te connaissent déjà).

BL : Oui, je suis arrivé en 1974 et je suis marié avec une marquisienne. J’ai quatre enfants et cinq petits enfants. J’étais chauffeur du truck de Taaoa pendant de longues années. Maintenant, je suis à la retraite.

THH : Que penses-tu du PAE de Taaoa avec les classes de 5èmes ?

BL : Je suis heureux de pouvoir faire visiter le site « Upeke ».

THH : Quel est ton rôle dans le cadre du PAE ?

BL : Je suis guide.

THH : Que fais-tu découvrir aux élèves de 5èmes ?

BL : Je leur fais découvrir la signification des « paepae et leur raconte des histoires que j’ai moi-même recueillies trois ans après mon arrivée à Taaoa.

BL : Le « paepae » de Taaoa est le plus grand site de la Polynésie Française. Il mesure plus de sept hectares.

THH : Pourquoi cet intérêt pour le passé des Marquisiens?

BL : Au début, c’était pour mes enfants, je voulais qu’ils connaissent ce passé; puis lorsque Mme Lamaison est venue me demander d’intervenir sur le site de Taaoa, j’ai accepté car je voulais faire partager ce savoir à tous ces enfants. A l’époque, c’est Mr Fonteneau qui avait lancé ce projet.

THH : Comment as-tu fait pour recueillir ce savoir que tu transmets aujourd’hui?

BL : Il faut bien se mettre en tête d’abord qu’à l’époque, il n’y avait pas la télévision et le téléphone. Le seul lien avec l’extérieur, c’était la radio; grâce à elle, on savait qu’on avait un colis sur le bateau, on avait des nouvelles de la famille de Tahiti et généralement les vieux étaient là pour attendre les nouvelles. Nous étions 47 dans la vallée en comptant les nouveaux nés. Pour revenir à ta question, j’ai demandé aux plus âgés de me raconter ce qu’ils savaient sur les légendes, les superstitions… La base de l’histoire était la même mais les versions étaient différentes d’une personne à une autre mais je les ai quand même notées. Dans ce travail ma femme m’a beaucoup aidé surtout pour la traduction.

 

THH : Quelle est la particularité du site « Upeke » de Taaoa ?

D’après une légende, Taa ‘oa signifie le javelot qui va loin. Ce javelot était fait en bambou.

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