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Te Hamani Hou n° 60—juin 2009 |
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Nous voici à la fin de l’année, il est temps de faire le bilan des actions entreprises dans le cadre des classes associées Unesco durant cette année 2008-2009. Pour ma part en archéologie, j’ai présenté aux élèves les différents types d’architecture marquisienne, et leurs caractéristiques. Les enfants appellent en général improprement toutes ces vieilles pierres paepae ou bien encore marae (qui est du reo maohi et non pas du reo enana) |
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Bilan et perspectives en archéologie |
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Nous avons donc essayé de comprendre les différences rencontrées entre les lieux profanes, accessibles à tous (paepae), et les lieux sacrés (me’ae), parfois reconnaissables maintenant aux dalles de keetu rouge, jaune ou gris sur lesquelles on sculptait quelquefois des bas reliefs avec des tiki et aussi aux kea kiva (gros galets polis) ramenés au prix de grands efforts depuis le bord de mer. Mais il y a également de nombreux me’ae, lieux de culte, dédiés aux esprits, aux dieux ou aux morts (me’ae funéraires) qui ne comportent ni keetu ni kea kiva. C’est alors le nombre de plates-formes accolées qui indiquent la sacralité d’un site (à partir de trois), et d’autres signes comme les arbres sacrés (tapu), les morceaux de corail, etc… |
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Le paepae d’habitation, paepae hiamoe, est reconnaissable à ses deux terrasses accolées et à l’emplacement pour dormir (oki), sur la 2e terrasse. |
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Keetu et kea kiva |
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Enfin le tohua, site des cérémonies, représente la rencontre entre le profane et le sacré avec sa vaste place pour les danses et les discussions, mais aussi avec le tuu, la plate-forme sacrificielle, et on y trouvait aussi bien les tau’a (grands-prêtres) que les kikino (le peuple). |
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Tout au long de l’année je leur ai présenté des diaporamas sur grand écran qui montraient les sites mais aussi les pétroglyphes, les statues, les tiki, les pierres à aiguiser, les parures, les colliers, les tatouages, les enata, grâce aux photos provenant des musées, aux illustrations des peintres navigateurs des années 1800, aux photos prises par Karl Von den Steinen . Toutes ces richesses peuvent maintenant permettre aux jeunes de peupler leur imagination. Et peut-être sauveront-ils un jour les pétroglyphes (les dessins gravés sur pierre) de la destruction par le feu. Hélas, seule la moitié des élèves a paru intéressée par les diaporamas présentés ; et l’autre moitié a dormi ou joué et devait sans cesse être rappelée à l’ordre ! C’est quand même un constat amer puisque le diaporama sur grand écran leur parlait de leur propre culture dans des termes simples et ludiques. Mais là, c’est moi qui sans doute, me fais des illusions. La culture locale de nos jeunes est bien plus imprégnée de mangas et de feuilletons brésiliens que de culture ancienne ! D’où l’importance de continuer ce que nous faisons, mais avec des groupes plus petits et en évaluant les élèves afin qu’ils manifestent plus d’intérêt pour cet ensemble capital pour le patrimoine marquisien, pour leur propre culture et l’avenir des Marquises. Eric OLIVIER |
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Le but de cet enseignement est que nos élèves puissent imaginer les structures qui s’élevaient à l’époque sur les soubassements rencontrés dans la forêt. Aux Marquises et particulièrement à Hiva Oa qui est une île assez riche en eau, il y a des milliers de terrasses et de sites, mais hélas ils ne sont souvent considérés que comme des tas de pierres gênants sur lesquelles on amène la végétation à brûler. Si les enfants pouvaient maintenant y voir le travail quotidien des multiples générations de leurs aïeux, alors notre but serait atteint. |
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Plan du Paepae hiamoe, par P. Ottino |
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Tohua de Mauia, Ua Pou |