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Zone de Texte: Te Hamani Hou   n°63

           Impossibilité  pour eux d’aborder leur identité culturelle sans mentionner le processus de colonisation et l’esclavage des Noirs par les Portugais qui a donné naissance au « métissage », notion sur laquelle ils insisteront grandement. L’esclavage ne sera aboli que le 13 mai 1888 au Brésil.

 

           Bond vers une réalité plus proche dans le temps, le Brésil connaît des différences sociales exacerbantes qui rendent le quotidien des familles difficile, entre très riches et  très pauvres, l’écart est énorme. Cette réalité se manifeste dans les agglomérations urbaines.

 

           Une particularité dépasse fort bien ses différences sociales pour rassembler la population : la musique et la danse. Nos élèves abordent d’eux mêmes le carnaval qu’ils connaissent tandis que Lara rebondit sur des fêtes semi-religieuses où, au rythme des « tambourines », les différences sociales s’effacent. Incitations de nos élèves pour une démonstration de « capoeira » et de samba, le rythme brésilien nous pénètre et au son de l’instrument, nous observons avec entrain leurs quelques pas de danse. C’est dire que l’heure passe trop vite, et que c’est déjà le moment de nous quitter.

 

           Nous nous demandons encore toutefois pourquoi Paulo et Lara parlent si bien espagnol ? Raisons géopolitiques obligent, en plus d’un passé commun. L’Amérique Latine doit s’unir. Simón Bolivar et José Martí ont défendu cette idée. La langue est un moyen qui permet l’union. Lara rappellera avec dérision que ce n’est quand même pas sa langue maternelle et qu’elle la parle pourtant parfaitement, ce qui n’empêcherait en rien nos élèves et futurs élèves d’espagnol de parler aussi bien qu’elle cette langue étrangère.

 

           Ils nous saluent et nous remercient, en brésilien cette fois-ci, pour l’accueil chaleureux qu’ils ont reçu. Puis nous quittent.

Caroline Chene